Comment nourrir le sol de votre potager sans engrais chimiques ?

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Vous cultivez un potager et vous souhaitez produire le maximum de fruits et légumes : Il vous faudra bien nourrir votre sol.

Une des solutions est d’apporter des engrais chimiques directement quand les plantes en ont besoin, mais la meilleure idée nous semble être de nourrir le sol qui ensuite nourrira la plante.

Les plantes, pour bien se développer, ont besoin de trouver dans le sol les nutriments nécessaires par exemple l’eau, le calcium, l’azote, la potasse, le phosphore mais aussi des oligoéléments comme le bore, le magnésium, le manganèse par exemple.

La composition chimique du sol n’est qu’un des éléments de la réussite. Pour avoir un beau potager il faut favoriser la vie microbienne du sol et donc, surtout, disposer de la matière organique indispensable. Vous ne cultivez pas sur une terre minérale !

A noter aussi que dans votre sol habite une multitude d’habitants ! Ces habitants ont chacun leur rôle. Le plus connu est le ver de terre mais c’est vraiment loin d’être le seul. On estime que le nombre d’animaux présents dans 1 m2 de sol est en général supérieur à 200 millions et qu’une cuillère à café de bonne terre renferme près d’un million d’organismes vivants !

La grande majorité de ces organismes n’est pas visible à l’œil nu et nombres d’entre-eux sont inconnus ou méconnus.

Si votre terre est bien nourrie tous ces organismes travailleront pour vous !

Avant de commencer à nourrir votre sol, une analyse est souhaitable mais pas obligatoire. L’objectif est de déterminer l’acidité du sol. Si votre terre est très acide vous rencontrerez des difficultés pour obtenir de belles récoltes. Il va vous falloir apporter du calcium sous une forme ou une autre.

Sans analyse vous pouvez avoir une idée de l’acidité en regardant les plantes qui se plaisent chez-vous. Par exemple si vous avez beaucoup d’oseille (la plante pas les tunes) votre sol est acide, même chose si les fougères se plaisent…

Il existe de très nombreuses solutions pour apporter à votre sol le calcium nécessaire ainsi que les autres nutriments indispensables, c’est l’objectif de cet article.

Les 12 produits différents pour nourrir votre sol.

Nous allons passer en revue un maximum de solutions naturelles et souvent gratuites pour nourrir votre terre sans apports de produits chimiques. Le classement effectué n’a pas d’importance, vous pouvez utiliser toutes ces techniques ou choisir celles qui vous plaisent le plus.

Voici donc 12 apports bénéfiques pour la terre de votre potager :

  • Le BRF ou bois raméal fragmenté
  • La cendre de bois.
  • Le compost
  • Le lombricompost
  • Les feuilles mortes
  • Le paillage
  • Les purins de consoude et d’orties
  • Les coquilles d’œufs
  • Les engrais verts
  • Les plantes compagnes
  • Le fumier
  • L’urine humaine

Si vous ne voulez retenir que 3 « conseils » nous vous proposons de choisir :

Le paillage obligatoire pour éviter les sols nus

Le compost hyper utile et en plus vous diminuerez la quantité de vos déchets

Le purin de consoude incontournable pour avoir plus de fleurs et plus de fruits

Le BRF ou bois raméal fragmenté

Ce BRF apporte de la lignine qui en se décomposant produit de l’humus nécessaire à votre sol. Il s’agit de brindilles de bois de feuillus broyés que vous mettez en surface sur le sol. Vous éviterez d’utiliser du bois de résineux sauf si au contraire votre sol est trop calcaire (ce qui est rarement le cas). Vous éviterez aussi d’utiliser du laurier qui se décompose difficilement. Le BRF est « digéré » par les multiples organismes présents dans le sol, en particulier les champignons, et transformé (lentement) en nourriture utile pour vos plantes. Le BRF a aussi l’avantage (comme les autres paillages) de conserver l’humidité du sol.

La cendre de bois.

De plus en plus de maison sont chauffées au bois ou avec des granulés de bois. Récupérez la cendre et épandez-la sur le sol. Cette manipulation est très positive mais il faut néanmoins faire attention à l’excès. Pensez à l’adage bien connu des anciens : Il faut user de tout et n’abuser de rien. En général on ne fait pas de feu avec les résineux, si c’est le cas évitez d’utiliser cette cendre sauf en très petites quantités. La cendre apporte du calcium mais aussi et surtout de la potasse.

Le compost :

Le compost bien mur est un super produit. Un composteur devrait être présent dans tous les jardins et surtout dans les jardins potagers. Vous diminuez vos déchets et vous « régalez » votre jardin.

On peut considérer que le compost est le produit le plus utile au jardin et il est gratuit. Grâce au compost votre sol sera plus fertile, il contiendra plus de matière organique, il améliore l’aération du sol, il permet de mieux retenir l’humidité, il aide à multiplier les organismes vivants présents, etc…

Le lombricompost :

L’action des vers de terre est excellente et le lombricompost est donc excellent.

La fabrication du lombricompost peut se faire chez-vous. La matière organique est décomposée par l’action des verts et le lombricompost est très riche en humus. Si vous avez la possibilité d’installer un lombricomposteur chez-vous n’hésitez pas.

Les feuilles mortes :

Les feuilles mortes sont bien entendues très riches en matière organique qu’elles peuvent restituer au sol. Le ramassage de ces feuilles peut sembler une corvée mais c’est très utile pour votre potager.

Vous pouvez utiliser ces feuilles en paillage pour conserver l’humidité du sol, pour protéger du froid, pour apporter de la matière organique…

Les feuilles mortes peuvent aussi être étalées sur un sol nu, même s’il est préférable dans ce cas de semer un engrais vert.

Un inconvénient éventuel, les feuilles mortes peuvent servir d’abri pour certains rongeurs indésirables.

Les feuilles mortes, de préférence broyées, sont aussi utiles au compost, surtout si vous avez plutôt trop de matières vertes.

Le paillage :

Avec le compost le paillage est sans doute l’action la plus utile au jardin.

Le paillage apporte au sol (et donc indirectement aux plantes) de la nourriture et en particulier de la matière organique.

Vous pouvez utiliser tout ce que vous trouvez : de la paille, du foin, des mauvaises herbes (sans graines), des fougères, de la tonte de pelouse, et aussi des cultures spécifiques comme la consoude (très riche en azote et en potasse)

Le paillage avec les copeaux de bois est assez populaire. C’est la même méthode que l’utilisation du BRF.

Le paillage évite l’évaporation et maintient l’humidité du sol. Le paillage aussi diminue la prolifération des mauvaises herbes et ainsi réduit la corvée du désherbage.

Une paille très intéressante : la paille de sarrazin (de blé noir) qui contient beaucoup de magnésium.

Les purins de consoude et d’orties

Voici 2 produits complémentaires, gratuits, super-efficaces à mettre entre toutes les mains. Nous conseillons à tous les jardiniers d’en utiliser sauf si l’odeur les dérange.

La fabrication de ces 2 purins se fait de la même façon et très facilement. Vous mettez 1 kg de feuilles hachées dans un litre d’eau et vous attendez. Quand il n’y a plus de bulles vous filtrez et diluez une nouvelle fois à 10% (1 litre de purin dans 10 litres d’eau) et vous arrosez les pieds des plants de tomate par exemple.

Le purin d’ortie favorise la croissance des plantes et le purin de consoude favorise la floraison. Vous utiliserez de préférence le purin d’ortie pour les légumes feuilles et le purin de consoude pour les solanées (tomate en particulier) et les cucurbitacées (courgettes, courges, melon…)

Vous pourrez lire un peu partout que le purin de consoude et le purin d’ortie sont des engrais. Nous pensons que ce sont plutôt des produits qui favorisent la vie microbienne du sol. Le résultat est le même mais l’action est différente. Vous n’utiliserez pas ces produits pour leur valeur « chimique » NPK. En effet ils contiennent peu d’éléments fertilisants : Imaginez avec un kg de feuilles vous faites 10 litres de purin et ensuite 100 litres de purin dilué. La contenance en potasse ou en azote est faible. Cela n’empêche pas ces purins d’avoir une action très très efficace.

Les coquilles d’œufs

Les coquilles d’œufs contiennent énormément de calcium/ En cas de terre acide l’apport de coquilles d’œufs est excellent. Dans le même genre d’idée vous pouvez utiliser des coquilles d’huitres broyées.

Les engrais verts

Il est recommandé de ne jamais laisser le sol nu en hiver. Pour éviter cela, pour améliorer la structure du sol et pour améliorer la composition de la terre semer des engrais verts est une excellente alternative.

Très souvent on utilise des légumineuses comme engrais verts des légumineuses (comme le trèfle par exemple) pour apporter un maximum d’azote.

Les engrais verts se sèment le plus souvent en début d’hiver mais vous pouvez aussi en semer au printemps.

Les racines de ces plantes améliorent la structure du sol. L’enfouissement de ces herbes qui se décomposent rapidement permet d’apporter au sol des éléments fertilisants nécessaires.

Les plantes compagnes

Ce n’est pas certain que ce point ait sa place dans cet article. Donc juste un détail lié à la nutrition des plantes. Le système millénaire de l’Amérique du sud : maïs, haricots, courges est très intéressant car chaque plante apporte son « aide » : le maïs sert de rames pour le haricot, le haricot apporte de l’azote au maïs et les courges gardent le sol humide et évitent la prolifération des mauvaises herbes.

Le fumier

Le fumier est sans doute un des engrais les plus intéressants surtout s’il est bien décomposé. Malheureusement tous les jardiniers ne disposent pas de fumier chez eux. Nous vous conseillons de regarder sur internet des sites de vente ou de troc. Très souvent les éleveurs de chevaux disposent de trop de fumier de cheval par rapport à leurs besoins. Nous avons trouvé depuis des années, sur internet, du fumier de cheval en quantités et gratuit qu’il faut seulement aller chercher. Notons un petit inconvénient du fumier de cheval, il contient souvent des graines de mauvaises herbes non digérées et qui peuvent donc pousser. Si vous utilisez un « vieux » fumier de cheval, c’est-à-dire un fumier mur, il contiendra moins de graines de mauvaises herbes.

L’urine humaine

L’urine humaine est très riche en azote et peut donc être utilisée comme fertilisant. Ce n’est pas une blague. Ceci dit vous n’aurez sans doute pas envie de fertiliser vos légumes avec de l’urine. Soit mais vous pouvez par exemple uriner sur le paillage mais surtout sur le BRF. En effet pour se décomposer le BRF a besoin d’azote. Vos plantes pourront souffrir de ce qu’on appelle une « soif d’azote ». L’urine évitera ce problème.

La clé numéro 1 d’un potager productif c’est : nourrir la terre

Imaginez un potager productif : vous pouvez produire sur 10 mètres carrés :

  • De 50 à 80 kilos de pommes de terre
  • De 50 à 100 kilos de poireaux
  • De 200 à 500 kilos de tomates

Au bout de 5 ou 10 ans vous aurez épuisé votre sol si vous ne lui apportez rien et surtout le carbone nécessaire.

Il est capital de nourrir votre sol. De nombreuses méthodes naturelles existent comme nous venons de le voir. Dans la plupart des cas ces méthodes sont gratuites alors n’hésitez pas !

Pour réussir votre potager nous pensons qu’on peut se contenter d’utiliser 2 clés. La première clé c’est de nourrir la terre, la deuxième c’est la biodiversité. Essayez de planter, de semer et de cultiver au moins 100 plantes différentes dans votre jardin même s’il est petit. N’oubliez pas en particulier les plantes aromatiques, un ou deux pieds de chaque peuvent suffire. Chaque plante à son rôle pour éliminer telle maladie par exemple ou pour faire fuir tel insecte (mais aussi pour attirer les insectes).